Pour la mise en cohérence des mesures de sûreté…

Le Secrétaire Général de la Haute Autorité des Aéroports du Sénégal (HAAS), le Colonel Babacar Sedikh DIOUF revient ici sur la nouvelle réarticulation de l’institution qu’il dirige ainsi que ses objectifs. 

Hier, Haute autorité de l’Aéroport International Léopold Sédar Senghor (HAALSS), aujourd’hui, Haute Autorité des Aéroports du Sénégal (HAAS). Au-delà des compétences étendues, à quoi on peut s’attendre sur la gestion de vos missions ?

Pour s’adapter à cette mutation, la HAAS devra tout d’abord penser en termes de portion centrale à laquelle sont rattachés les aéroports régionaux, au même titre que l’AIBD. Cela facilitera davantage la mise en cohérence des mesures de sûreté au plan national et nous éviterait de trop nous focaliser sur l’AIBD au détriment des autres plateformes. Au-delà de cette réarticulation, la HAAS devra maintenant plus s’inscrire dans le contrôle de la qualité en prenant mieux en compte l’intégration au sein du dispositif aéroportuaire de sociétés privées prestataires, et plus globalement, son rôle d’autorité de coordination de la sûreté.

Vous avez dit que votre objectif est de faire de la Haute Autorité des Aéroports du Sénégal (HAAS), une structure qui pourra répondre d’elle-même, quels sont les actes posés dans ce sens ?

La conflictualité a beaucoup changé et les personnes mal intentionnées ont des modes d’action de plus en plus audacieux et exécutés dans un laps de temps relativement court. Par conséquent, la HAAS ne peut plus faire du « business as usual » (faire comme d’habitude). C’est pourquoi elle est en train de réactualiser progressivement son concept en le faisant passer de « l’intervention » au triptyque « information-anticipation-dissuasion » pour être en mesure de mieux gérer les crises, ou à défaut, de pouvoir au moins les contenir. Cette transformation qui s’inscrit dans la durée connait déjà un début d’implémentation à travers une réorganisation de la HAAS permettant de mettre en place une capacité d’orientation, de supervision et de contrôle ; capacité très peu visible dans la structure actuelle. Concomitamment, un renforcement de capacités de la HAAS par des formations spécifiques connexes à la sûreté, d’une part, et son repositionnement dans le vrai rôle qui lui est assigné (afin de l’éloigner davantage de la mise en œuvre des mesures de sûreté dans laquelle elle s’est trop engagée), d’autre part, contribueront à atteindre l’objectif recherché. Mais, l’efficacité de la HAAS dépendra incontestablement de son niveau d’autonomie budgétaire. Celle-ci devant être exclusivement assurée à travers les redevances de l’aviation civile, conformément aux recommandations de l’Organisation de l’Aviation civile internationale (OACI).

Nous sommes sur une plateforme aéroportuaire avec plusieurs entités, quelle est la démarche à adopter pour l’atteinte du même objectif : faire de l’aéroport Dakar Blaise Diagne le principal hub aérien de la sous-région ?

Dans cette entreprise, la crédibilité joue un rôle fondamental et ne peut être assurée que par de l’engagement et de la générosité dans l’effort de la part de toutes les administrations. Cette crédibilité passe nécessairement par une mise aux normes internationales sans équivoque des plateformes à travers le déploiement d’équipements et de matériels de sûreté performants et adaptés, par l’emploi optimal de moyens de surveillance et de détection fiables et enfin par une bonne flexibilité d’emploi des forces de défense et de sécurité pour rétablir l’ordre, au besoin. Mais elle dépend surtout du respect strict des procédures mise en place pour fluidifier le circuit du passager et des bagages au sein de nos aéroports. Cette ambition plus marquée pour l’AIBD devra, toutefois, être la même pour tous les aéroports régionaux ouverts à l’aviation civile pour que le Sénégal puisse atteindre l’objectif que vous avez souligné. En effet, la compétitivité dont il s’agit ici s’apprécie de manière holistique et au plan national, au regard des critères fixés par les organismes nationaux et internationaux compétents.